Elly Rosita Silaban - 
Indonésie

Elly Rosita est présidente du syndicat Indonésien K-SBSI.  Son organisation syndicale représente les travailleur·euses de tous les secteurs. Avec plus de 800.000 membres, K-SBSI est l'un des plus grands syndicats indépendants du pays. Chaque jour, Elly et ses collègues s' engagent pour des conditions de travail dignes. Ils changent des vies.

‘Ce qui aide vraiment ? Savoir que tu n’es pas seul·.e !

"Nous avons été dépassé·es par la crise du Coronavirus. Les matières premières en provenance de Chine ne rentraient plus. Nos propres exportations se sont arrêtées. Des milliers d’emplois étaient menacés. Aujourd’hui encore, nous ressentons toutes et tous les effets de la pandémie sur nos vies. Mais cela ne nous paralyse pas pour autant. Dans une usine de fabrication de chaussures de sport qui emploie 10.000 personnes, les emplois de mille personnes étaient en jeu. Nous sommes parvenu·es à un accord: Pas de licenciements secs, mais plutôt un plan de départ et une promesse de ne pas boycotter le travail syndical. Dans une autre multinationale de 16.000 travailleur·euses, les salaires n’ont pas été amputés grâce à la concertation sociale.

Savez-vous ce qui aide réellement ? Savoir que vous n’êtes pas seul·.e. Avec la CSC et WSM, nous menons la campagne internationale: #PayYourWorkers. Grâce à ce message international fort, nos militant·es peuvent renforcer leurs revendications lors des négociations." >>
>> "Finalement, le coronavirus s’est superposé à une autre crise: celle qui en 2019 a vu naitre l’Omnibus Law on Job Creation, une nouvelle loi du travail. En assouplissant les règles du travail, notre pays veut être plus compétitif et notre économie doit croître. Mais cela se fait malheureusement au détriment des gens. Dès le début, nous avons mené des actions: manifestations, interviews à la presse et webinaires… avec des analyses et des amendements. Nous le faisons le plus possible conjointement avec d'autres syndicats indonésiens et internationaux. Dans ce cas-ci aussi, les choses sont claires: cette loi est un problème local, mais les collaborations avec les collègues nationaux et internationaux rendent notre lutte globale. Nous remercions tous nos partenaires.
Le gouvernement refuse depuis six ans d’augmenter les salaires minimums. C’est pourquoi nous nous focalisons sur les entreprises. Cela peut sembler un exploit minime pour vous. Pourtant, je considère qu'une négociation qui mène à une augmentation des salaires dans une seule entreprise, c’est déjà une victoire. Un seul accord change beaucoup de vies, c’est donc un effet papillon, n’est-ce pas ?"